14 janvier 2013

Le bonheur est dans le pré....

 

 

   

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Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.
Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,
Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.
Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,
Sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.
Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite.
Sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.
De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,
De pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.


Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite,
Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé !

Paul Fort (Ballades françaises)

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21 décembre 2012

JOYEUX NOEL !

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C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
A l'heure où tout est calme, même les souris.

On avait pendu nos bas devant la cheminée,
Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
Les enfants sages s'étaient déjà endormis.

Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
Venions à peine de souffler la bougie,

Quand au dehors, un bruit de clochettes,
Me fit sortir díun coup de sous ma couette.

Filant comme une flèche vers la fenêtre,
Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

Au dessus de la neige, la lune étincelante,
Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

Dirigés par un petit personnage enjoué :
C'était le Père Noël je le savais.

Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.
Et lui chantait, afin de les encourager :
" Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !
En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !
Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! "

Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

Peu après j'entendis résonner sur le toit
Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
Etaient un peu salis par la cendre et la suie.

Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

Une petite bouche qui souriait tout le temps,
Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

Puis sans dire un mot, car il était pressé,
Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
Avant de disparaître dans la cheminée.

Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

Avant de disparaître le Père Noël cria :
" Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "


Clément Clarke Moore


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05 octobre 2012

Octobre est doux....

four à pain


Octobre est doux.

L'hiver pèlerin s'achemine
Au ciel où la dernière hirondelle s'étonne.
Rêvons... le feu s'allume et la bise chantonne.
Rêvons... le feu s'endort sous sa cendre d'hermine.

L'abat-jour transparent de rose s'illumine.
La vitre est noire sous l'averse monotone.
Oh ! le doux « remember » en la chambre d'automne,
Où des trumeaux défunts l'âme se dissémine.

La ville est loin. Plus rien qu'un bruit sourd de voitures
Qui meurt, mélancolique, aux plis lourds des tentures...
Formons des rêves fins sur des miniatures.

Vers de mauves lointains d'une douceur fanée
Mon âme s'est perdue ; et l'Heure enrubannée
Sonne cent ans à la pendule surannée...
 
Albert Samain

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01 mai 2012

Premier Mai !

muguet ronic

 

Premier mai

 

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d’autres choses.

Premier mai ! l’amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;

L’arbre où j’ai, l’autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu’il l’improvise ;

Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;

L’atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu’au Printemps fait la plaine,

Et que l’herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,

La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise

Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,

Dont l’haleine s’envole en murmurant : Je t’aime !
Sur le ravin, l’étang, le pré, le sillon même,

Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;

Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,

Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !

Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l’ombre un doux secret ;

Tout aime, et tout l’avoue à voix basse ; on dirait
Qu’au nord, au sud brûlant, au couchant, à l’aurore,

La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants

Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

 

Victor Hugo, Les contemplations

Muguet Bonheur rustiique 1

 

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31 décembre 2011

La matin des étrennes

chaussuresCliquez sur la photo pour voir en grand !

 

Le matin des étrennes



Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !

Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes

Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,

Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,

Tourbillonner, danser une danse sonore,

Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !

On s'éveillait matin, on se levait joyeux,

La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...

On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,

Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,

Et les petits pieds nus effleurant le plancher,

Aux portes des parents tout doucement toucher ...

On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,

Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud (1854-1891)

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18 décembre 2011

Dites ! Si c'était vrai ?

crêche santon

 

Dites

Dites si c'était vrai
S'il était né vraiment à Bethléem dans une étable
Dites si c'était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin de fort loin
Pour lui porter l'or la myrrhe l'encens
Dites si c'était vrai
Si c'était vrai tout ce qu'ils ont écrit Luc Matthieu
Et les deux autres
Dites si c'était vrai
Si c'était vrai le coup des Noces de Cana
Et le coup de Lazare
Dites si c'était vrai
Si c'était vrai ce qu'ils racontent les petits enfants
Le soir avant d'aller dormir
Vous savez bien quand ils disent Notre Père

quand ils disent Notre Mère
Si c'était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh sûrement je dirais oui
Parce que c'est tellement beau tout cela
Quand on croit que c'est vrai.


Jacques Brel 1958

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05 mars 2009

Le Printemps des Poètes

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Hommage à Jean Tardieu 
de Dominique Cagnard
Se perdre

On se perd sans s’être vu,
on se voit et on se perd.
On se voit à peine,
on s’est à peine vu,
on ne sait plus,
on ne sait plus.

On se perd à peine vu.
A peine vu, on se perd.
A peine perdu, on se voit.

On ne se perd plus.

=============


Le Printemps des Poètes a lieu partout en France... 
du 2 au 15 mars 2009
Des milliers d'événements : sur les places publiques, les librairies, les théâtres, les hôpitaux, mais aussi dans les transports avec la SNCF et la RATP,

dans les parkings avec Vinci Park... Des cartes postales poèmes sont également diffusées par la Poste...

En cliquant ICI

Vous connaîtrez les évènements de votre ville

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Si les déserts, si les sables
Si les grands bois,
Si les choses formidables
Que j'entrevois,

Etaient, sauvage nature,
Coupés soudain
Par la gaieté toute pure
D'un frais jardin,

Si tout à coup en mantille,
En blanc corset,
Une belle jeune fille
Apparaissait,

Si je rencontrais des roses
Dans les forêts,
Nymphes, ah! les douces choses
Que je dirais !

Victor Hugo   
12 septembre 1880.

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14 février 2009

Baisse un peu l'abat-jour....

coeur626

Saint_Valentin_5

Tu demandes pourquoi  je reste sans rien dire ?
C'est que voici le grand moment,
L'heure des yeux et du sourire,
Le soir, et que ce soir je t'aime infiniment !

Serre-moi contre toi. J'ai besoin de caresses.
Si tu savais tout ce qui monte en moi, ce soir,
D'ambition, d'orgueil, de désir, de tendresse, et de bonté !...
Mais non, tu ne peux pas savoir !...

Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux.
C'est dans l'ombre que les coeurs causent,
Et l'on voit beaucoup mieux les yeux
Quand on voit un peu moins les choses.

Ce soir je t'aime trop pour te parler d'amour.
Serre-moi contre ta poitrine!
Je voudrais que ce soit mon tour d'être celui que l'on câline...
Baisse encore un peu l'abat-jour....

Là.... Ne parlons plus. Soyons sages.
Et ne bougeons pas. C'est si bon
Tes mains tièdes sur mon visage !...
Mais qu'est-ce encor ? Que nous veut-on ?

Ah! c'est le café qu'on apporte !
Eh bien, posez ça là, voyons !
Faites vite!... Et fermez la porte !
Qu'est-ce que je te disais donc ?

Nous prenons ce café... maintenant ? Tu préfères ?

C'est vrai : toi, tu l'aimes très chaud.
Veux-tu que je te serve? Attends! Laisse-moi faire.
Il est fort, aujourd'hui. Du sucre ?  Un seul morceau ?
C'est assez ? Veux-tu que je goûte ?

Là! Voici votre tasse, amour......

Mais qu'il fait sombre. On n'y voit goutte.

Lève donc un peu l'abat-jour......

Paul GERALDY
(Toi et moi, 1885)

pluiecoeur1

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